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L’ÉTIOPATHIE, COPIÉ-COLLÉ DE L’OSTÉOPATHIE À LA FRANÇAISE  ?

Le 24 juin 2020
Comme on l’a vu dans un précédent article, la chiropractie n’existerait pas si son fondateur, David PALMER, ne s’était pas inspiré de l’ostéopathie. L’histoire va se répéter au siècle suivant, mais cette fois-ci sur le continent européen.

Comme on l’a vu dans un précédent article (cf ostéopathie et chiropractie, fruits du même arbre ?), la chiropractie n’existerait pas si son fondateur, Daniel David PALMER, ne s’était pas inspiré de l’ostéopathie. L’histoire va se répéter au siècle suivant, mais cette fois-ci sur le continent européen. L’ostéopathie arrive en France en 1936 et c’est en 1973 que l’étiopathie voit le jour. Là encore, il existe une similitude troublante entre ces deux approches thérapeutiques. Est-ce une heureuse coïncidence ?


NAISSANCE DE L’OSTÉOPATHIE
Andrew Taylor STILL (1828-1917) a passé la plus grande partie de sa vie à chercher un moyen efficace de soigner les gens. À l’âge de trente-six ans, après le décès de sa femme et de ses enfants, il perdit confiance en la médecine de son époque qu’il pratiquait depuis ses vingt-et-un ans.
À quarante-six ans, il découvrit ce qu’il nommera plus tard « ostéopathie ». À partir de ce moment-là, il fut considéré comme un marginal qui arpentait la campagne et donnait des conférences sur sa nouvelle science à quiconque voulait bien l’écouter. Âgé de 64 ans, submergé par le nombre croissant de patients venant le consulter, il ouvrit sa première formation. Trois ans plus tard, on compte plus de 30.000 traitements ostéopathiques administrés au dispensaire de son école.
Entre sa soixante-huitième et sa soixante et onzième année, treize collèges légitimes d’ostéopathie s’ouvrirent aux États-Unis. On estime qu’A. T. STILL reçut plus de 100.000 patients.

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ARRIVÉE DE L’OSTÉOPATHIE EN EUROPE
John Martin LITTLEJOHN, un universitaire immigré aux États-Unis d’origine écossaise, voyant sa santé se détériorer, se rendit au dispensaire de A. T. STILL pour y recevoir un traitement en ostéopathie en 1897. Il y retrouva la santé. Suite à cela, il fut recruté par l’American School of Osteopathy pour y donner les cours de physiologie. En 1898, il accepta le poste de doyen de l’école et commença à suivre les cours d’ostéopathie. L’année suivante, il fut démis de ses fonctions et n’obtint jamais son diplôme d’ostéopathe. Cela ne l'empêcha pas de fonder, en 1900 avec ses deux frères, leur propre École de Médecine Ostéopathique à Chicago. Puis, en 1917, il introduisit l’ostéopathie en Europe en fondant la toute première école à Londres : la British School of Osteopathy. Sa vision de l’ostéopathie était certainement très éloignée de celle de son fondateur.

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L’OSTÉOPATHIE EN FRANCE
À l’origine, en France, aucune distinction n’est faite entre thérapie et outil thérapeutique. Ainsi l’ostéopathie est assimilée aux manipulations articulaires tout comme la chiropractie. Or l’ostéopathie est avant tout l’application pratique de la théorie de l’évolution au domaine de la santé. Les techniques manipulatoires empruntées aux rebouteux, malgré leur efficacité, ne sont qu’un outil parmi d’autres utilisé par les ostéopathes.
En France, la première personne à pratiquer les manipulations articulaires fut un médecin originaire de Nice initié par une ostéopathe américaine. En 1936, il s’établit à Paris et publia « une nouvelle méthode clinique et thérapeutique : l’ostéopathie ».
Très vite, les médecins se sont opposés à ce que des non-médecins pratiquent l’ostéopathie. Ainsi, en 1953 est créé le Syndicat National des Médecins Ostéothérapeutes Français (SNMOF) dont le but est d’empêcher toute forme d’exercice illégal de la médecine, en particulier la pratique des manipulations articulaires par des non-médecins.
En 1957, un kinésithérapeute et ostéopathe diplômé de l’école anglaise ouvre la première École Française d’Ostéopathie à Paris. Elle est réservée exclusivement aux médecins et kinésithérapeutes.
En 1960, à l’instigation du SNMOF, l’ordre des médecins convainc les pouvoirs publics de fermer l’École Française d’Ostéopathie et d’interdire aux non-médecins la pratique de l’ostéopathie en France. En 1965, l’École Française d’Ostéopathie est expatriée en Angleterre et devient l’European School of Osteopathy.
 
L’ÉTIOPATHIE, RÉPONSE DE KINÉSITHÉRAPEUTES À L’INTERDICTION DE PRATIQUER L’OSTÉOPATHIE EN FRANCE
En 1959 est créée l’Association Ostéopathique Internationale (AOI) dont les huit membres exercent majoritairement une activité de kinésithérapie en libéral. Monsieur Christian TRÉDANIEL (1934-2011), frère du célèbre éditeur, en est le président. Celui-ci se familiarise aux manipulations articulaires à la suite d’un accident de sport et suit partiellement la formation de chiropracteur aux États-Unis. Les sept autres membres ont suivi la formation en ostéopathie. Lors d’une rencontre trimestrielle, les membres de l’AOI décident d’enseigner l’ostéopathie. La situation en France étant délicate pour les kinésithérapeutes pratiquant et enseignant l’ostéopathie, les membres de l’AOI ouvrent à Genève le Collège d’Ostéopathie Européen en 1967. Lors des réunions regroupant les membres de l’AOI, monsieur TRÉDANIEL insiste sur le fait que le terme d’ostéopathie ne lui semble pas adapté puisque ce n’est pas une « maladie des os ». N’oublions pas que monsieur TRÉDANIEL n’est ni ostéopathe ni chiropracticien. Il ne se sent donc certainement pas redevable envers les pères fondateurs de l’ostéopathie et de la chiropractie. L’article 2 de l’arrêté ministériel du 06 janvier 1962 interdisant tous les traitements dits d’ostéopathie et de chiropraxie aux non-médecins termine de convaincre les différents membres de l’AOI de trouver un nouveau nom à l’ostéopathie. Ils se concertent et finissent par choisir le terme d’étiopathie. D’après l’un des membres fondateurs, ce n’est pas monsieur TRÉDANIEL qui trouva le terme d’étiopathie. Ainsi, selon l’accord de tous les membres de l’AOI, le Collège d’Ostéopathie Européen devient le Collège d’Étiopathie Européen en 1973. Les étudiants diplômés d’étiopathie reçoivent alors le titre d’ostéopathe en France par le biais de l’Association Française d’Ostéopathie, ce qui n’est plus le cas actuellement. Le climat amical entre les différents membres de l’AOI se détériorant, plusieurs membres fondateurs démissionnent progressivement. En 2000, le Collège d’Étiopathie Européen devient l’actuelle École d’Ostéopathie de Genève (EOG). L’enseignement dispensé est fondé sur les mêmes bases depuis 1967 : celui de l’ostéopathie.
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